Hello,
Aujourd’hui, je ne parlerai ni civilisation, ni culture, je vais parler sport. Non que le sujet me passionnes outre mesure, mais cela fait partie de la vie australienne, et pas seulement à mi-temps. Une petite aparté, un collègue m’a soufflé cette blague : Quelle est la différence entre l’Australie et un yaourt ? Dans un yaourt, on peut trouver de la culture. Quand on pense que c’est un sud-africain qui m’a dit ça, on peut rire doucement… Enfin, trêve d’arrogance cocoritière…
Le sport, donc, ou plutôt les sports. Australie, patrie du rugby, dit-on…Mais quel rugby ???
Il y a deux sortes de rugby : rugby union et rugby League. Rugby Union est le rugby à 15 que l’on connaît si bien en France (le XV de France vient d’ailleurs de battre l’Australie, un succès contre l’Afrique du Sud samedi et je pourrai chambrer pendant au moins un an).
Mais le rugby le plus populaire ici est le rugby League, que nous nommons le rugby à treize, et qui se joue à treize joueurs (vous suivez ou vous voulez un schéma ?). Les australiens sont champions du Monde depuis des lustres, et quasiment imbattables. Il faut dire qu’à part le Nouvelle Zélande (dont nombres de joueurs jouent en Australie), peu d’équipes sont compétitives. C’est en fait un lot de consolation permettant aux Australiens de prétendre qu’ils sont les rois du rugby. Néanmoins, le championnat, et notamment la Grande Finale, sont très suivis ici, et enflamment les foules. Ils sont les meilleurs, et ils sont contents…
A mi-chemin entre rugby et football, proche du n’importe quoi, se trouve l’australian football. Ca se joue sur un terrain ovaloïde, avec quatre poteaux (deux comme le rugby et deux plus petits à coté. J’ai vu un match (la grande finale) deux jours après mon arrivée, sous le double effet du décalage horaire et de l’abus de bière australienne du premier soir, je faisais pas le malin, et serais incapable de vous réciter les règles. M’enfin, Sydney est champion cette année, et ils sont contents…
Ces trois sports sont les sports principaux d’hiver.
Le football devient également populaire, et ils se sont qualifiés la semaine dernière pour la coupe du Monde en Allemagne, l’apprentissage va être difficile ;) Mais bon, ils sont contents aussi…
En été, c’est à dire maintenant, le grand sport populaire (dans tout le Commonwealth à vrai dire) est le cricket. Cela ressemble de loin au base-ball. Un batteur, un lanceur, des réceptions, etc… Deux équipes de 11 joueurs se mesurent sur un terrain rond. Les batteurs d’une équipe se succèdent après leurs éliminations successives, en étant tout le temps 2 sur le terrain. Les onze joueurs de l’autre équipe essaient de les éliminer le plus vite possible en leur laissant marquer le minimum de point. Je ne rentrerai pas dans les détails, y a plein de subtilités. Juste une précision : Il y a deux types de match, les one-day, où chaque équipe lance un maximum de 300 balles (moins si elle arrive à éliminer tous les joueurs avant), et les test-match, où il n’y a pas de limites, si ce n’est que le match ne dure pas plus de 6 jours ;) ben ouais, c’est lent, le cricket… Et chaque jours, le match commence vers 10h30, avec une pause « lunch » vers 12h30 qui dure 45 minutes, et une pause « Tea » vers 15h30 qui dure 20 minutes. Et on dit que la pétanque est un sport de feignant… Enfin, les australiens sont champions du monde, ils viennent de battre (voire même exploser) un sélection des meilleurs joueurs internationaux, dans les deux types de match, et du coup,… ils sont contents !
L’Aiustralie est un pays heureux, ils gagnent en sport. Si on ajoute le nageur Ian Thorpe, les surfeurs et quelques athlètes renommés, ca leur donne de la fierté, de l’amour du drapeau, et ils sont contents, donc tout roule. C’est un peu l’effet coupe du monde permanent !
Sachant qu’en plus, le sentiment d’appartenance à l’Australie est assez fort (au supermarché, les fruits et légumes locaux sont signalés avec un drapeau de chaque coté de l’étiquette, et la mention « Aussie Grown ». Vous imaginez « courgette française » avec un drapeau chez Carouf ? Moi non plus.
Bon, sur ce, je vais vous laisser passer une bonne journée, sinon je vais dériver et sortir du thème sport, ce qui ne sera le but que d’un prochain article futur à venir.
A bientôt, et n’oubliez pas de laisser un petit mot, ça fait plaisir !
Olivier-de-Sydney.
PS: Pas de photo today... Désolé...
Hello,
Pas grand chose de neuf, un peu de pression au boulot cette semaine, mais on n’est pas la pour parler boulot… Un petit concert de jazz hier soir, plutôt sympathique, Matt Baker, un pianiste, avec son trio. Le bonhomme a été demi-finaliste du festival de Montreux en Suisse, je ne sais pas ce que ça veut dire en terme de qualité, mais l’ensemble était sympa. Il a ajouté des influences brésiliennes et cubaines au jazz, et ça rendait plutôt bien..
Bien évidemment, je n’arrête pas de me faire questionner sur les émeutes des banlieues françaises. En lisant les articles australiens, et étrangers en général, on croit que c’est la guerre civile… Impressionnant. Ils ont dans l’idée qu’on ne peut plus se balader dans Paris sans se faire agresser, et que les rues sont devenues des coupes gorges… C’est assez étonnant, et ça dénote au passage l’extrême pouvoir des médias! Qui plus est, il y a eu des émeutes il y a quelques années dans Sydney.
La population en Australie est composée de comme suit: 93% de caucasiens, c’est à dire les descendants des anciens prisonniers britanniques et des différents européens qui ont migré pour le « rêve australien » (avec des fortes communautés grecques et libanaises) ; 7% d’asiatiques (d’un peu tous les pays à en croire les nombreux restaurants différents, et avec un Chinatown local dans le quartier Haymarket ; 1% d’aborigènes. En ce qui concerne la religion, ca donne à peu près 26% de catholiques, 25% de protestants, 24% d’autres chrétiens (dont de nombreux orthodoxes grec, voire « Mariage à la grecque ») et 25% de « non chrétiens » (je suis désolé, j’ai pas trouvé de statistiques plus à même de décomposer ces 25% restant.
Les principaux problèmes d’intégration ici ne sont pas les asiatiques mais les aborigènes. Il en reste une partie qui vit toujours dans leurs territoires initiaux, dont le Northern Arnhem, tout au Nord, près de Darwin, et dont venaient les musiciens de la semaine dernière. Ceux qui ont opté pour le mode de vie anglo-saxon rencontrent de nombreux problèmes, et sont relativement mal intégrés. Problèmes de chômage, d’habitats précaires, des cités, bref, les problèmes habituels et universels d’une population quelque peu exclue… D’après ce que j’ai compris, les émeutes dont je vous parlais plus haut étaient principalement constituées de cette population aborigène. Elle se retrouve à l’Ouest de Sydney (dans les Western Suburbs), où l’on m’a dès le départ déconseillé d’habiter.
Il faut dire que les quartiers du centre sont rénovés petit à petit, les loyers augmentent, et la population change, phénomène bien connu dans la plupart des grandes villes (ça me rappelle une conversation il y a quelques années dans un pub strasbourgeois avec l’ami pseudo-alsacien, qui me faisait noter que dans cette chère capitale alsacienne, le centre ville était propre, refait à neuf, flamboyant, mais que les problèmes n’avaient pas été résolus mais déplacés). Un collègue me faisait remarquer en parlant de Redfern (un quartier situé au Sud de la city, entre le centre et l’aéroport) que cette « suburb » (qu’on peut traduire par banlieue) était il y a quelques années très mal famée, mais que peu à peu on rénovait, et qu’une fois que toute la « scum » (je pense qu’on peut traduire ici par racaille, terme oh combien à la mode) aura été virée, le quartier sera complètement rénove, et deviendra un endroit sympa à habiter. Evidemment, la «scum» était d’origine aborigène. J’ai senti ce même type de réflexion chez plusieurs personnes… Je vais essayer de faire quelques investigations pour voir si c’est vraiment ancré dans la population, ou si c’est un cas isolé.
Il faut aussi que je mène l’enquête sur les nouvelles dispositions sur le travail. Le gouvernement vient de sortir une nouvelle loi, Workchoices, et ça provoque apparemment un tollé dans l’opposition ainsi que des manifestations de syndicats. Le premier ministre a ignoré aujourd'hui ces manifestations, en proclamant qu’il était évident que les travailleurs pourraient passer Noël avec leurs familles, et que ça n’était pas remis en cause. C’est un peu inquiétant comme défense, je me demande ce qu’il y a dans cette loi pour provoquer de pareilles angoisses… La suite au prochain épisode.
Bon, allez, un peu de tourisme après ces longues digressions, quelques photos du centre ville, entre chez moi et le boulot.
Ca c'est Darling Harbour, la petite baie que je croise tous las matins et les soirs en allant au boulot. Photo prise du Darling Harbour Bridge (le pont qui traverse).
L'autre coté du pont (Cockle Bay).
Le parc jouxte la City, et j’ai la vue dessus depuis mon bureau (ainsi que sur la baie, faudra que je prenne une photo de là haut…).
Dernière chose qui m’a frappé : Chirac remet des lunettes. Ca faisait au moins 25 ans qu’il en avait pas mis… Etonnant, non?
Bonne journée à tous.
Olivier
Hello,
Deux articles en deux jours, incroyable. C'est que j'ai commencé ma vie culturelle a Sydney. En effet, je suis allé hier soir à un concert de musique aborigène. C'était organisé par l'alliance francaise (à mi-chemin entre le boulot et l'appart, donc pas loin du tout), donc double but culturel: écouter et découvrir ce type de musique et prendre le pouls de la présence francaise ici. Je ne recherche pas forcément la compagnie de francais, mais de temps en temps, ca peut etre agréable...
La personne ayant permis cette soirée était un professeur du conservatoire de l'Université de Sydney, qui fait chaque année un voyage d'étude dans le Northern Arnhem (Northern Territory) avec ses étudiants, et qui est en contact avec cette population depuis plusieurs années. Résultat, la musique était sympa, appuyée par des photos défilant en fond (soit photos historiques, soit photos de rencontres inter-culturelles), et avec avant chaque morceau une explication sur la signification des chants (chant + didgeridoo + "clapsticks"). Le groupe (cinq frères, dont trois étaient présents hier) part bientot pour la France ou ils vont donner une série de concerts (j'ai ni les dates ni les lieux), la musique est du "traditional Yolngu manikay" by Gupapuyngu Yolngu from Milinginbi and Galiwin'ku in NE Arnhem Land. Un nom comme ca ne passe pas inapercu, alors si vous voulez un apercu, n'hésitez pas.
Pas de photos, malheureusement, je n'ai pas l'habitude et ai donc laissé mon appareil à la maison pour hier soir...
Au plaisir, bonne journée.
Olivier
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