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Vendredi 25 novembre 2005
Hello,

Ca y est, enfin, enfin, enfin, j'ai mes meubles depuis aujourd'hui! Après un mois à l'hôtel puis un moisdans un appartement quasi vide, j'ai retrouvé mes meubles, mes disques, mes livres, mon lave-linge (oui, enfin, je me débrouillais, hein!!) et mon frigo, mon tire-bouchon et mon canap', et mon appareil à raclette/crèpes. Rhhhhhhhhhhhhhhhhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ca fait du bien!!!!!!!!!
Pourquoi si tard, allez vous dire? Ben parce que, tout d'abord, y a 39 jours de mer pour le conteneur entre les ports du Havre et de Sydney. Parce que l'embarquement avait pris un semaine de retard pour cause de fumigation (en gros, gaser les bebetes eventuellement planquer clandestinement dans un morceau de bois au néthyl bromide 5.6g/m3 pendant 24h environ). Parce que les déménageurs de Sydney ont un poil dans la main, et la prennent cool. Mais surtout parce que les australiens sont (peut-être à juste titre...) parano...

L'Australie est une île continent (on en apprend des choses ici, hein!!). A ce titre, ils sont relativement épargnés des contaminations sauvages (par exemple, le nuage de Tchernobyl n'a pas eu besoin de s'arrêter à la frontière ici, il ne l'a pas atteinte; les graines de colza OGM emportées par le vent en sont pas arrivées en traversant l'Océan; etc...). Donc, pour éviter d'importer des germes, expèces inconnues ou maladies bizarres, ils contrôlenet à fond tout ce qui entre (ce qui sort, ils s'en foutent un peu...). Ainsi, quand vous arrive(re)z -message subliminal- à l'aéroport de Sydney, on vérifie que vos bagages ne contiennent pas de terre de chez vous, pas de graines, pas de drogues, d'armes de destruction massive. Ils nettoient les clubs de golf et sont susceptibles de nettoyer vos chaussures. Ils jettent systématiquement toute nourriture (il est même interdit de transporter de la bouffe entre certains états australiens).
Pour des meubles en conteneurs, ces mêmes principes s'appliquent, et tous les effets personnels sont soumis à inspection par le service de quarantaine des douanes australiennes. Ca prend donc du temps... Deux semaines et demi au total pour passer la douane, et trois jours entre leur accord et la livraison. Ce qui donne, entre le 12 septembre, date d'emballage à Paname, et le 25 Novembre... je vous laisse calculer, je suis nul en maths...

Pour les lettres et colis, idem. Le colis que j'ai recu il y a un mois et demi a été ouvert et vérifié. Et on m'a rapporté le cas d'une jolie missive sur un papier à lettre où était collée une fleur séchée. La personne en Australie a reçu une copie de cette lettre, et une lettre des douanes lui expliquant qu'elle pouvait recevoir la lettre originale, sous réserve d'une décontamination totale, à ses frais.

Enfin, bon, tout est bien qui finit bien, et gageons que les deux mois qui viennent de se passer, étant un petit peu galères, seront vite oubliés, et que ma(notre) vraie vie australienne va pouvoir commencer.

D'ailleurs, j'ai des longs weekends à Noel et Nouvel An, ca devrait bouger!! En effet, Noel étant une samedi et Boxing Day (le 26) étant un dimanche, le gouvernement, comme tous les ans apparemment, a décidé que les jours fériés seraient le 27 et le 28, c'est à dire le lundi et le mardi. On ne perd rien, on décale. Et pareil la semaine d'après. C'est pas beau ca? Alors qu'on s'est fait volé un tas de jours avec les 1 et 8 mai tombant des samedis!!!

Surement des photos d'en dehors de Sydney dans un mois, donc!

Sur ce, jeunes gens, il me reste quelques cartons à déballer, et quelques courses à faire, faut que je remplisse mon frigo!

Au plaisir, bon baisers de Sydney.

Olivier

Par Olivier - Publié dans : olivier-de-sydney
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Lundi 21 novembre 2005

Hello,

Aujourd’hui, je ne parlerai ni civilisation, ni culture, je vais parler sport. Non que le sujet me passionnes outre mesure, mais cela fait partie de la vie australienne, et pas seulement à mi-temps. Une petite aparté, un collègue m’a soufflé cette blague : Quelle est la différence entre l’Australie et un yaourt ? Dans un yaourt, on peut trouver de la culture. Quand on pense que c’est un sud-africain qui m’a dit ça, on peut rire doucement… Enfin, trêve d’arrogance cocoritière…

Le sport, donc, ou plutôt les sports. Australie, patrie du rugby, dit-on…Mais quel rugby ???

Il y a deux sortes de rugby : rugby union et rugby League. Rugby Union est le rugby à 15 que l’on connaît si bien en France (le XV de France vient d’ailleurs de battre l’Australie, un succès contre l’Afrique du Sud samedi et je pourrai chambrer pendant au moins un an).

Mais le rugby le plus populaire ici est le rugby League, que nous nommons le rugby à treize, et qui se joue à treize joueurs (vous suivez ou vous voulez un schéma ?). Les australiens sont champions du Monde depuis des lustres, et quasiment imbattables. Il faut dire qu’à part le Nouvelle Zélande (dont nombres de joueurs jouent en Australie), peu d’équipes sont compétitives. C’est en fait un lot de consolation permettant aux Australiens de prétendre qu’ils sont les rois du rugby. Néanmoins, le championnat, et notamment la Grande Finale, sont très suivis ici, et enflamment les foules. Ils sont les meilleurs, et ils sont contents…

A mi-chemin entre rugby et football, proche du n’importe quoi, se trouve l’australian football. Ca se joue sur un terrain ovaloïde, avec quatre poteaux (deux comme le rugby et deux plus petits à coté. J’ai vu un match (la grande finale) deux jours après mon arrivée, sous le double effet du décalage horaire et de l’abus de bière australienne du premier soir, je faisais pas le malin, et serais incapable de vous réciter les règles. M’enfin, Sydney est champion cette année, et ils sont contents…

Ces trois sports sont les sports principaux d’hiver.

Le football devient également populaire, et ils se sont qualifiés la semaine dernière pour la coupe du Monde en Allemagne, l’apprentissage va être difficile ;) Mais bon, ils sont contents aussi…

En été, c’est à dire maintenant, le grand sport populaire (dans tout le Commonwealth à vrai dire) est le cricket. Cela ressemble de loin au base-ball. Un batteur, un lanceur, des réceptions, etc… Deux équipes de 11 joueurs se mesurent sur un terrain rond. Les batteurs d’une équipe se succèdent après leurs éliminations successives, en étant tout le temps 2 sur le terrain. Les onze joueurs de l’autre équipe essaient de les éliminer le plus vite possible en leur laissant marquer le minimum de point. Je ne rentrerai pas dans les détails, y a plein de subtilités. Juste une précision : Il y a deux types de match, les one-day, où chaque équipe lance un maximum de 300 balles (moins si elle arrive à éliminer tous les joueurs avant), et les test-match, où il n’y a pas de limites, si ce n’est que le match ne dure pas plus de 6 jours ;) ben ouais, c’est lent, le cricket… Et chaque jours, le match commence vers 10h30, avec une pause « lunch » vers 12h30 qui dure 45 minutes, et une pause « Tea » vers 15h30 qui dure 20 minutes. Et on dit que la pétanque est un sport de feignant… Enfin, les australiens sont champions du monde, ils viennent de battre (voire même exploser) un sélection des meilleurs joueurs internationaux, dans les deux types de match, et du coup,… ils sont contents !

L’Aiustralie est un pays heureux, ils gagnent en sport. Si on ajoute le nageur Ian Thorpe, les surfeurs et quelques athlètes renommés, ca leur donne de la fierté, de l’amour du drapeau, et ils sont contents, donc tout roule. C’est un peu l’effet coupe du monde permanent !

Sachant qu’en plus, le sentiment d’appartenance à l’Australie est assez fort (au supermarché, les fruits et légumes locaux sont signalés avec un drapeau de chaque coté de  l’étiquette, et la mention « Aussie Grown ». Vous imaginez « courgette française » avec un drapeau chez Carouf ? Moi non plus.

Bon, sur ce, je vais vous laisser passer une bonne journée, sinon je vais dériver et sortir du thème sport, ce qui ne sera le but que d’un prochain article futur à venir.

A bientôt, et n’oubliez pas de laisser un petit mot, ça fait plaisir !

Olivier-de-Sydney.
PS: Pas de photo today... Désolé...

Par Olivier - Publié dans : olivier-de-sydney
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Mercredi 16 novembre 2005

Hello,

Pas grand chose de neuf, un peu de pression au boulot cette semaine, mais on n’est pas la pour parler boulot… Un petit concert de jazz hier soir, plutôt sympathique, Matt Baker, un pianiste, avec son trio. Le bonhomme a été demi-finaliste du festival de Montreux en Suisse, je ne sais pas ce que ça veut dire en terme de qualité, mais l’ensemble était sympa. Il a ajouté des influences brésiliennes et cubaines au jazz, et ça rendait plutôt bien..

Bien évidemment, je n’arrête pas de me faire questionner sur les émeutes des banlieues françaises. En lisant les articles australiens, et étrangers en général, on croit que c’est la guerre civile… Impressionnant. Ils ont dans l’idée qu’on ne peut plus se balader dans Paris sans se faire agresser, et que les rues sont devenues des coupes gorges… C’est assez étonnant, et ça dénote au passage l’extrême pouvoir des médias! Qui plus est, il y a eu des émeutes il y a quelques années dans Sydney.

La population en Australie est composée de comme suit: 93% de caucasiens, c’est à dire les descendants des anciens prisonniers britanniques et des différents européens qui ont migré pour le « rêve australien » (avec des fortes communautés grecques et libanaises) ; 7% d’asiatiques (d’un peu tous les pays à en croire les nombreux restaurants différents, et avec un Chinatown local dans le quartier Haymarket ; 1% d’aborigènes. En ce qui concerne la religion, ca donne à peu près 26% de catholiques, 25% de protestants, 24% d’autres chrétiens (dont de nombreux orthodoxes grec, voire « Mariage à la grecque ») et 25% de « non chrétiens » (je suis désolé, j’ai pas trouvé de statistiques plus à même de décomposer ces 25% restant.

Les principaux problèmes d’intégration ici ne sont pas les asiatiques mais les aborigènes. Il en reste une partie qui vit toujours dans leurs territoires initiaux, dont le Northern Arnhem, tout au Nord, près de Darwin, et dont venaient les musiciens de la semaine dernière. Ceux qui ont opté pour le mode de vie anglo-saxon rencontrent de nombreux problèmes, et sont relativement mal intégrés. Problèmes de chômage, d’habitats précaires, des cités, bref, les problèmes habituels et universels d’une population quelque peu exclue… D’après ce que j’ai compris, les émeutes dont je vous parlais plus haut étaient principalement constituées de cette population aborigène. Elle se retrouve à l’Ouest de Sydney (dans les Western Suburbs), où l’on m’a dès le départ déconseillé d’habiter.

Il faut dire que les quartiers du centre sont rénovés petit à petit, les loyers augmentent, et la population change, phénomène bien connu dans la plupart des grandes villes (ça me rappelle une conversation il y a quelques années dans un pub strasbourgeois avec l’ami pseudo-alsacien, qui me faisait noter que dans cette chère capitale alsacienne, le centre ville était propre, refait à neuf, flamboyant, mais que les problèmes n’avaient pas été résolus mais déplacés). Un collègue me faisait remarquer en parlant de Redfern (un quartier situé au Sud de la city, entre le centre et l’aéroport) que cette « suburb » (qu’on peut traduire par banlieue) était il y a quelques années très mal famée, mais que peu à peu on rénovait, et qu’une fois que toute la « scum » (je pense qu’on peut traduire ici par racaille, terme oh combien à la mode) aura été virée, le quartier sera complètement rénove, et deviendra un endroit sympa à habiter. Evidemment, la «scum» était d’origine aborigène. J’ai senti ce même type de réflexion chez plusieurs personnes… Je vais essayer de faire quelques investigations pour voir si c’est vraiment ancré dans la population, ou si c’est un cas isolé.

Il faut aussi que je mène l’enquête sur les nouvelles dispositions sur le travail. Le gouvernement vient de sortir une nouvelle loi, Workchoices, et ça provoque apparemment un tollé dans l’opposition ainsi que des manifestations de syndicats. Le premier ministre a ignoré aujourd'hui ces manifestations, en proclamant qu’il était évident que les travailleurs pourraient passer Noël avec leurs familles, et que ça n’était pas remis en cause. C’est un peu inquiétant comme défense, je me demande ce qu’il y a dans cette loi pour provoquer de pareilles angoisses… La suite au prochain épisode.

 

 

Bon, allez, un peu de tourisme après ces longues digressions, quelques photos du centre ville, entre chez moi et le boulot.


Ca c'est Darling Harbour, la petite baie que je croise tous las matins et les soirs en allant au boulot. Photo prise du Darling Harbour Bridge (le pont qui traverse).


L'autre coté du pont (Cockle Bay).


Le parc jouxte la City, et j’ai la vue dessus depuis mon bureau (ainsi que sur la baie, faudra que je prenne une photo de là haut…).

Dernière chose qui m’a frappé : Chirac remet des lunettes. Ca faisait au moins 25 ans qu’il en avait pas mis… Etonnant, non?

Bonne journée à tous.

Olivier

Par Olivier - Publié dans : olivier-de-sydney
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Dimanche 13 novembre 2005
Hello,

Comme le titre l'indique, j'atais aujourd'hui l'invité d'un mariage. Mon chef m'avait convié, ainsi qu'une poignée de collègues (surtout des chefs, faut avouer) à son mariage; Il est grec, et sa femme australienne d'origine grecque. J'ai donc assisté à ma première messe orthodoxe, et en grec. Je ne sais pas qui a dit que la messe en latin c'était la quintessence...
L'église orthodoxe est plus colorée, avec des tons vifs, qui changent de nos vieilles peintures palotes et monocordes. Mais cela n'e change rien quant à la monotonie et à l'ennui de la cérémonie.
A noter toutefois deux passages intéressants et originaux. Tout d'abord, vers le milieu (temporellement parlant), le pretre coiffe les deux jeunes mariés de douronnes reliées entre elles par un ruban. La demoiselle d'honneur (bridesmaid, j'en profite pour parfaire mon vocabulaire) se charge alors de faire changer trois fois les couronnes de tête, et ils gardent ca jusqu'à la fin de la cérémonie.
Un peu plus tard, le pretre les invite, pendant qu'il chante, à le suivre pour faire trois fois le tour de l'autel, la demoiselle d'honneur tenant le ruban qui les relie. Tout cela est sensé symboliser la bénédiction de Dieu, mais ne me demandez pas comment, j'ai pas poussé mes connaissances jusque là, l'orthodoxie reste un terme vague pour moi malgré tout.

Pour le reste, ca faisait plus penser à un anniversaire de mariage. Un  dimanche, dans une salle d'une sorte de club (qui fait restaurant, tout de même), un menu pas excessivement festif (mais très bon et équilibré, légumes à l'eau et poisson, ca change et ca fait du bien)... Et vers 18 heures, dessert, café, et hop, tout le monde à la maison (Je désespère de trouver un bon café... Ils nous ont servi un café allongé avec du lait déjà ajouté, je veux un expresso!!!).
Une lueur comique pendant le repas: la dame qui me fait fait face, femme d'un collègue et agée d'environ 50 ans, me demande mon age. Je lui communique, et elle me dit "Ah non, un petit peu trop vieux". Je lui demande pourquoi, et en fait, elle a une fille de 20 ans célibataire qu'elle veut caser. Forcément, je lui réponds que j'aime une demoiselle, qu'elle arrive dans trois semaines ("For Christmas??" "No, to stay and live here!"), et que donc de toute facon, c'est peine perdue. Elle se tourne alors vers mon collègue et lui pose la même question, et la même chose à un troisième, et elle nous a pris en photo sur son téléphone pour lui montrer. Etonnant, non? J'étais tout de même flatté qu'elle demande à moi en premier, je pourrai chambrer!

Bon, sur ce, je vous souhaite une bonne journée, et j'ai envie de bouger le weekend prochin, je reviens avec des photos.

Bises.

Olivier de sydney

PS: Si quelqu'un est intéressé par une australienne de 20 ans et des poussières, qu'il envoie sa photo, je transmettrai.
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Mercredi 9 novembre 2005

Hello,

Deux articles en deux jours, incroyable. C'est que j'ai commencé ma vie culturelle a Sydney. En effet, je suis allé hier soir à un concert de musique aborigène. C'était organisé par l'alliance francaise (à mi-chemin entre le boulot et l'appart, donc pas loin du tout), donc double but culturel: écouter et découvrir ce type de musique et prendre le pouls de la présence francaise ici. Je ne recherche pas forcément la compagnie de francais, mais de temps en temps, ca peut etre agréable...

La personne ayant permis cette soirée était un professeur du conservatoire de l'Université de Sydney, qui fait chaque année un voyage d'étude dans le Northern Arnhem (Northern Territory) avec ses étudiants, et qui est en contact avec cette population depuis plusieurs années. Résultat, la musique était sympa, appuyée par des photos défilant en fond (soit photos historiques, soit photos de rencontres inter-culturelles), et avec avant chaque morceau une explication sur la signification des chants (chant + didgeridoo + "clapsticks"). Le groupe (cinq frères, dont trois étaient présents hier) part bientot pour la France ou ils vont donner une série de concerts (j'ai ni les dates ni les lieux), la musique est du "traditional Yolngu manikay" by Gupapuyngu Yolngu from Milinginbi and Galiwin'ku in NE Arnhem Land. Un nom comme ca ne passe pas inapercu, alors si vous voulez un apercu, n'hésitez pas.

Pas de photos, malheureusement, je n'ai pas l'habitude et ai donc laissé mon appareil à la maison pour hier soir...

Au plaisir, bonne journée.

 

Olivier

 

 

Par Olivier - Publié dans : olivier-de-sydney
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